Thèmes de la conférence

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Jour 1 | Ré-imaginer l’engagement : négocier des relations à travers l’art

Jeudi 12 novembre 2015

Le mot « engagement » recouvre un éventail de notions ; en particulier, comment entrer en rapport avec l’autre, trouver un espace de communication, s’engager ou échanger avec autrui. L’engagement peut prendre la forme d’une multitude de pratiques, y compris la collaboration, la dissidence, l’activisme, la prise de risque, la protestation, la performance, le défilé et la consultation communautaire, notamment. Quelles sont les possibilités de l’engagement et, à l’inverse, quelles en sont les limites ? Comment l’engagement fonctionne-t-il en tant que type de relation ? Qui sert d’intermédiaire pour cette relation, l’artiste, le(la) conservateur(trice), le musée ou la galerie, le lieu environnant, ou encore le public ? Comment l’engagement prend-il place à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du musée ou de la galerie, par exemple dans le cas d’organismes qui ne possèdent pas d’espace fixe ? Comment les artistes et les pratiques artistiques peuvent-ils ré-imaginer l’engagement en tant qu’outil essentiel pour la production de savoir, d’art contemporain ou encore de relations interculturelles ? Au programme du Jour 1, des présentations d’artistes, de courtes conférences, un débat public, des discussions en table ronde, des pecha kuchas autogérés, ainsi que la conférence thème, qui sera donnée par l’artiste et conservatrice Emelie Chhangur. Celle-ci explorera la notion de « in-reach » (faire appel à la participation du monde extérieur) comme outil servant à construire des relations entre diverses communautés, diverses perspectives ou divers niveaux d’expérience. S’appuyant sur l’engagement comme notion fondamentale à travers laquelle se négocient participation, apprentissage et alliances, le programme de notre Jour 1 rendra hommage à des réalisations distinctes de l’art comme étant représentatif de la construction de relations, et soulignera les défis qui s’y rattachent.
 
 
Jour 2 | L’art comme outil de plaidoyer : préparer, mettre en mouvement et accomplir le changement

Vendredi 13 novembre 2015

Le plaidoyer englobe les notions d’appui critique, d’encouragement, d’activisme, et autres processus organisés au sein desquels individus et groupes se rallient autour d’une cause en particulier afin de remettre en question les perceptions dominantes. L’activisme exige la planification et la mise en œuvre d’actions visant un changement social ou un changement politique crucial. Dans le milieu des arts, le plaidoyer joue un rôle important pour bâtir de nouveaux auditoires et de nouvelles relations, accroître la visibilité, et contribuer au changement social et politique. Quelles sont les questions les plus pressantes en ce qui concerne la production artistique et culturelle, la présentation et la diffusion effectuées aujourd’hui à l’échelle locale, nationale et internationale ? Qui se charge du travail de plaidoyer, et qui bénéficie de ce type de travail dans ces contextes ? Comment l’art agit-il en tant que forme d’activisme visuel ? Comment l’art est-il « activé », et dans quels buts ? Comment les politiques de représentation et d’accès s’arriment-elles à cela ? Avec le discours thème que prononcera Bastien Gilbert, directeur général du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ), des exemples de plaidoyer et d’activisme, ainsi que des présentations d’artistes, un débat public, un atelier de formation sur le plaidoyer, et des séances d’information sur les bailleurs de fonds, le programme du Jour 2 galvanisera l’énergie autour des questions les plus urgentes parmi celles qui préoccupent actuellement la communauté des centres d’artistes autogérés et de l’art contemporain, en examinant des exemples tels que les pratiques de collaboration, l’intervention publique et l’utilisation des médias sociaux.
 
 
Jour 3 | Repenser l’inclusion : vers des pratiques visant une meilleure représentation

Samedi 14 novembre 2015

L’« inclusion », terme hautement politisé et au sens fluctuant, fait référence au degré auquel différents groupes, différents organismes et différentes histoires sont rendus visibles ou invisibles au sein de collectivités, d’institutions, et dans les instances de représentation du milieu artistique. Le degré d’inclusion est lié à l’accès plus ou moins large, aux diverses capacités, à la géographie et à la colonialité, parmi d’autres facteurs ; il s’agit donc du reflet de la matérialisation sociale des différences et des inégalités qui existent dans le monde. Parmi les questions qui seront abordées : Qui est inclus, à quel moment, et à quelles fins ? Qui est exclus de l’« inclusion » ? Est-il important de mesurer ces disparités ? Comment les artistes, les centres d’artistes autogérés et les galeries et musées publics comprennent-ils les défis de l’inclusion, notamment les gestes qui restent de pure forme, la ghettoïsation et la fausse représentation, et comment composent-ils avec ces défis ? Comment l’artiste peut-il(elle) rester maître de sa visibilité ? Le programme du troisième et dernier jour du conférence explorera le rôle en pleine évolution de l’inclusion dans les arts, en s’intéressant aux diverses perceptions dont celle-ci fait l’objet et à ses retombées, avec notamment le discours thème de la conservatrice, critique et éducatrice Andrea Fatona, dont le travail rend visibles de multiples récits d’appartenance dans l’intention de bousculer les récits dominants. En outre, des présentations d’artistes, de courts exposés, une table ronde de discussion, un cercle de la parole, un débat public, ainsi que des pecha kuchas autogérés offriront d’autres exemples de façons dont les communautés de non-Blancs, de personnes ayant des capacités différentes et d’autres communautés distinctes s’adonnent à l’art.