Présentations principales

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Emelie Chhangur : Faire entrer la rue dans la galerie

Jour 1 | Jeudi 12 novembre 2015

Explorant le concept de galerie « invitant la participation du monde extérieur » et le rôle « performatif » que peut jouer la pratique de conservation dans la transformation de la fonction sociale d’une galerie d’art contemporain, Emelie Chhangur, dans sa conférence thème présentée le Jour 1 du Conférence , procède à un examen critique de ses projets de collaboration de long terme en tant qu’expérimentations de nouveaux modes d’engagement civil et social. Prenant comme exemples deux projets récents, Ring of Fire et The Awakening, Emelie Chhangur explique comment le fait de prendre le temps de travailler des perspectives à travers différentes communautés culturelles et d’intégrer les protocoles et les méthodologies qu’apportent ces communautés peut, d’une part, éloigner la conservation des pratiques d’exposition traditionnelles pour la rapprocher des actes performatifs, et, d’autre part, déplacer l’objectif consistant à approfondir les connaissances du champ de l’art contemporain vers celui d’établir de nouvelles pratiques de travail faisant appel à une diversité de formes de production culturelle. Toutefois, la médiation de perspectives, de formes de production et de points de vue divergents au sein d’un unique projet de conservation n’est pas chose aisée. Un tel processus engendre nécessairement des conflits, des contradictions et des crises, problèmes qu’Emelie Chhangur place précisément au cœur de son travail de conservation. Selon elle, le potentiel « politique » ou transgressif de l’art ne réside pas dans une simple posture idéologique ; il permet d’affirmer des points de vue de façon théorique aussi bien que de les mettre en scène de façon concrète. Ce potentiel se déploie au sein même des manières dont un projet, en tant que processus, est mis en œuvre sur le long terme. Une telle façon de travailler a des retombées sur la galerie d’art contemporain, car elle transforme son rôle social et sa fonction civile en l’ouvrant à l’influence qu’ont les collaborateurs du projet sur son activité publique en tant qu’institution ainsi que sur ses protocoles, ses échéanciers, et ses pratiques ancrées.
 
 
 
Bastien Gilbert : Qui fait l’ange fait la bête : être lobbyiste ou être angélique ?

Jour 2 | Vendredi 13 novembre 2015

J’ai développé une expérience de près de quinze ans dans un domaine, la représentation politique, parfois appelée lobbying ou advocacy. Cette activité est souvent jugée avec un certain dédain, plusieurs d’entre nous supposant d’office que c’est une activité pas très propre qui met en contact des personnes honnêtes (nous !) avec des gens corrompus ou corruptibles : les politiciens et leurs suppôts ! Qu’en est-il exactement ? Et quelles en sont les conséquences heureuses ou malheureuses ? Comment la représentation politique se conjugue-t-elle avec les revendications du groupe auquel appartient le lobbyiste ? Quelques exemples vécues ces dernières années… et quelques noms.
 
 
 
Andrea Fatona: La route est longue

Jour 3 | Samedi 14 novembre 2015

Faisant état d’une réflexion sur The State of Blackness, le récent projet englobant une recherche, des colloques et la mise sur pied d’une base de données et qui examine la représentation contemporaine des artistes de la diaspora noire au Canada, Andrea Fatona, dans sa présentation thème qui aura lieu le Jour 3, fera partager ses pensées sur l’évolution du sens que l’on donne à l’« inclusion » au sein de la culture de l’autogestion artistique, à partir de son expérience de travail dans divers centres d’artistes autogérés et galeries publiques au pays. Le temps qu’elle a consacré à ces institutions, de même que le mandat de commissaire d’exposition indépendante qu’elle a assumé, témoignent de l’étendue de l’expérience qu’elle apporte à son activité de conservatrice et de pédagogue. Dans l’optique des possibilités et des limites de l’inclusion en tant que concept concret, comment les galeries et les organismes artistiques peuvent-ils reconnaître et rejoindre une multiplicité de communautés, de positions et de perspectives, et travailler avec celles-ci ? Comment entreprendre une telle tâche de façon éclairée et responsable ? En débroussaillant ces questions, parmi autres, Andrea Fatona tirera des exemples de projets récents pour illustrer la diversité des pratiques critiques émanant de la communauté artistique noire du Canada.